L'école de la double compétence technologique et managériale

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Innover avec succès

4innover.jpgInterview de Jean-François Lacoste Bourgeacq, ingénieur en agro-alimentaire, docteur-ingénieur en microbiologie et intervenant à Ionis-STM.
 
Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis ingénieur en agro-alimentaire et docteur-ingénieur en microbiologie. J'ai eu un parcours très transverse depuis la recherche appliquée jusqu'à la direction de centres de profit. L'innovation a été le point de convergence de toutes ces expériences. C'est mon expatriation de presque quatre ans aux Etats-Unis qui m'a donné la conviction que la force d'un individu ou d'une équipe tient à la capacité de "positiver" en toute circonstance.

J'ai créé fin 2009 mon entreprise, Qiventiv Systems, dont l'activité est de créer et de stimuler des écosystèmes d'innovation. J'ai déposé quelques brevets, écrit des articles et des ouvrages sur l'innovation. Le dernier, Innover avec succès, publié par AFNOR éditions, a reçu le prix du livre performance et qualité 2009.
 
Qu'est-ce qui vous a poussé et vous retient dans la voie de l'enseignement ?

Le désir de partager avec de jeunes étudiants le goût de l'innovation et de l'entreprenariat. L'écosystème Ionis-STM a ceci de particulier qu'il réunit souvent des jeunes étudiants issus de parcours académiques et personnels très divers, très riches, ce qui est à la fois stimulant et un challenge pour un enseignant.
 
Votre plus grande réussite pédagogique ?

D'avoir pu faire travailler des étudiants sur un projet d'études transverse conçu avec plusieurs confrères de Ionis-STM. Il portait sur la création d'une activité innovante. Il a permis aux étudiants de voir comment ils pouvaient utiliser différents enseignements qui leur étaient dispensés, sur une étude de cas proche de la réalité.
 
Vos rêves les plus fous en matière de pédagogie ?

Créer avec des confrères un corpus des compétences nécessaires pour innover dans les entreprises et les modes de certification adaptés, reconnu au niveau international. Je considère que l'on parle beaucoup d'innovation en France, de processus... Or la capacité à innover n'est pas une affaire de processus, mais d'hommes et de femmes. C'est sur cette base là que je souhaiterais pouvoir construire ce corpus.
 
Qu'est-ce qui vous passionne dans l'enseignement ?

C'est la motivation et l'implication des étudiants à travailler sur des projets innovants dont les thèmes sont assez souvent précurseurs. Par exemple, en 2008, sur des dispositifs de récupération des gaz à effet de serre provenant de la rumination ; en 2009, sur une étude de l'intérêt de la Stevia comme édulcorant naturel ; ou encore en 2010 sur la valorisation par voie biotechnologique du CO2 émis par des sites industriels....

 

"Susciter des vocations d'entrepreneurs"

 

 

2business_plan.jpgInterview de Philippe Bonnamy, intervenant en stratégie business en master 2 et en post-master à Ionis-STM.

Philippe Bonnamy, polytechnicien, consultant indépendant, a exercé des postes de direction dans l'industrie et la banque jusqu'en 1987, date à partir de laquelle il a participé, en tant que dirigeant fondateur, à la création d'une entreprise d'externalisation informatique (300 M€ de chiffre d'affaires en 1994) qui a été revendue à IBM à la fin 1999.

A Ionis-STM, il assure le cours de construction et mise en œuvre d'un business plan. Son objectif est de faire prendre conscience aux étudiants - via des études de cas très concrètes - de la manière dont une entreprise fonctionne dans sa globalité.

Pouvez-vous présenter rapidement ?

J'ai eu la chance d'exercer trois métiers dans ma carrière professionnelle - ingénieur, banquier puis entrepreneur - et même quatre, puisque l'opportunité s'est présentée, quand j'ai cédé mon entreprise il y a une dizaine d'années, de faire partager avec des plus jeunes mon expérience entrepreneuriale et de parcourir avec eux la carte des écueils à éviter pour réussir cette aventure.

Qu'est-ce qui vous a poussé et vous retient dans la voie de l'enseignement ?

Essentiellement le souhait de susciter des vocations d'entrepreneurs et d'aider des jeunes, qui tenteraient leur chance, à réunir, dès le départ, les meilleures conditions du succès pour la création de leur entreprise : bien valider l'idée, bien interpréter une étude de marché, bien choisir leurs partenaires, etc. Bref, établir un bon business plan.

Votre plus grande réussite pédagogique ?

La douzaine d'anciens étudiants, de Ionis-STM ou d'ailleurs, qui m'ont appelé pour me dire qu'ils avaient créé leur entreprise et que mon enseignement les avait aidés et leur avait fait gagner du temps.

Vos rêves les plus fous ?

Que le nombre de jeunes qui créent des entreprises en France passent de quelques dizaines de milliers de leur génération à quelques centaines de milliers*. La plupart en serait capable...s'ils ne baignaient pas dans un milieu favorisant prudence et frilosité. Il faut savoir prendre des risques et comment les prendre.

Dans votre enseignement, qu'est-ce qui vous passionne ?

C'est de pouvoir mettre à la portée de chacun (du moins, je crois), des concepts souvent noyés dans un jargon technique qui en rend la pénétration difficile.

*Selon l'Agence pour la création d'entreprise (APCE), 70 000 créateurs d'entreprises avaient moins de 30 ans en 2008 pour 7 millions d'individus entre 20 et 30 ans environs selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) - soit une proportion inférieure à 0,01%.

Appréhender la réalité du monde professionnel

entretien_embauche.jpgInterview de Françoise Joly, consultante en ressources humaines et responsable d'un module dédié à la simulation d'entretiens à Ionis-STM.

Françoise Joly, consultante en ressources humaines, dirige un module d'enseignement dédié à la simulation d'entretiens professionnels. Préparation du CV, de la lettre de motivation, coaching... le module, qui s'adresse de toutes les années du cursus de Ionis-STM est entièrement orienté vers l'obtention du stage en entreprise qui fera avancer l'étudiant.

Qui êtes-vous?

Titulaire d'un Master en bio-toxicologie appliquée aux nuisances industrielles, j'ai fait le choix de me spécialiser dans la vente de produits destinés à la biologie médicale. Après une expérience réussie de dix ans dans la vente, j'ai rejoint le cabinet de recrutement Delta France, spécialisé dans le diagnostic médical et le secteur des biotechnologies.

Qu'est-ce qui vous a poussée dans l'enseignement et la formation ?

Le contact avec les étudiants est primordial pour un cabinet comme le nôtre. En effet, ce sont eux qui deviennent les futurs acteurs du secteur. Les former nous permet en retour de nous adapter aux évolutions des profils des promotions successives. Pour eux, c'est une formidable opportunité d'appréhender la réalité du monde professionnel et de comprendre comment faire coller le mieux possible leur profil à leurs ambitions et aux attentes des entreprises.

Votre plus grande réussite pédagogique ?

Notre but est d'amener les étudiants à utiliser les outils cruciaux que sont leur CV et leur lettre de motivation, à les préparer aux questions pièges, à les rassurer, à les motiver pour qu'ils réussissent leur entretien d'embauche. La réussite pédagogique du module est collective et peut être démontré par la qualité du réseau des étudiants et à l'excellent niveau de leur insertion professionnelle.

Qu'est-ce qui vous passionne le plus dans votre enseignement ?

Durant la semaine du module, nous donnons aux étudiants des conseils dès le premier jour et apprécions en fin de semaine les résultats attendus. Nous regardons souvent la progression des outils notamment du CV qui se perfectionne au long du cursus des étudiants. Cela fait toujours plaisir de voir les élèves se « mettre en situation de réussite », d'amélioration permanente et de se projeter dans leur futur métier.

Former aux métiers de décision dans le secteur énergétique

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Entretien avec Jean-Bernard Sigaud, intervenant à Ionis-STM, coordinateur au sein de la filière « Energie et Management ».

Diplômé de l'Ecole Polytechnique et de l'Ecole du Pétrole et des Moteurs, Jean-Bernard Sigaud a effectué l'intégralité de sa carrière chez Total à des postes de direction technique, de direction de la recherche, de direction stratégique et de relations institutionnelles et fait partie de l'association « Total professeurs associés » (TPA) dont l'objectif est de faciliter la rencontre entre le monde pétrolier et les grandes écoles et l'université. Il est intervenant à Ionis-STM et coordonne les cours assurés par TPA dans le cadre de la filière « Energie et Management » , conjointement avec Daniel Saincry.

En quoi consiste votre enseignement sur l'énergie à Ionis-STM ?

Mon enseignement à Ionis-STM prend deux aspects : un panorama de l'ensemble du secteur énergétique, en remontant des sources primaires jusqu'aux produits finaux d'une part et un approfondissement de la dimension de développement durable d'autre part. Comment faire en sorte de faire correspondre chaque type d'énergie à chaque besoin particulier ? Comment éviter le gaspillage des ressources ? Comment restreindre les émissions de gaz à effet de serre (GES) ? Comment mesurer la quantité émise et capturer le surplus de GES ? Voilà autant de questions que mes interventions soulèvent et explorent.

Mes cours doivent faire acquérir aux étudiants les points de repère, le cadrage et la rigueur nécessaires à une véritable prise de recul et à une vraie réflexion sur le secteur dans lequel ils vont être amenés à travailler. En effet, dans leur futur métier, à des postes décisionnels, ces étudiants devront se garder d'être dogmatiques, tout considérer, arbitrer et trancher correctement et avoir une vision globale et objective.

Quelle pédagogie pour quelles compétences ?

Afin de rendre le cours plus vivant et plus interactif, je l'alimente avec de nombreux exercices prenant la forme de questions. Connaissez-vous le rendement énergétique d'un moteur de voiture, d'une centrale électrique ou d'une chaudière ? Comme cela se compare-t-il ? Pourquoi ? Afin d'élargir la vision des étudiants et leur donner conscience de l'étendue des données d'un problème, je fais quelques petits détours par des notions concrètes d'ingénierie, d'économie ou de management : par la thermodynamique, par les prix - différence entre le coût de production, le prix de marché, la valeur d'usage -, par les notions de frais fixes et de frais variables.

Tandis que j'interviens sur les domaines généraux, mes collègues, dont je coordonne l'enseignement, font des zooms sur l'exploration pétrolière, le raffinage du pétrole, la chaîne gazière, le charbon, la génération électrique, la gestion de projet dans l'industrie pétrolière etc. Les étudiants doivent également travailler sur un projet d'études leur permettant de mieux structurer et d'approfondir leurs connaissances. Le thème en était l'an dernier « L'énergie dans les transports, et en particulier dans l'automobile ». Au final, l'objectif est d'amener les étudiants à être prêts à commencer ou poursuivre leur carrière avec les meilleurs atouts sur des métiers de chefs de projet dans des sociétés de service ou d'ingénierie, des métiers d'ingénieurs dans l'industrie du secteur énergétique, des postes d'intérêt général dans des collectivités locales souhaitant aménager leurs systèmes de fourniture en énergie.

Comment percevez-vous l'évolution du secteur énergétique ? Quelles conséquences pour le futur décideur ?

Le secteur de l'énergie s'est transformé de manière assez significative ces dernières années. Il y a des évolutions souhaitables, notamment avec le développement des énergies renouvelables. Mais aucune de ces énergies n'est exempte d'inconvénients : les éoliennes font du bruit, les barrages hydro-électriques sont nocifs pour les poissons, l'exploitation de la biomasse porte atteinte aux cultures agricoles, la sélection des espèces les plus productives pour un meilleur rendement met à mal la biodiversité... Rien ne se fait sans qu'il y ait un prix à payer. Il y a également beaucoup d'interactions entre les différentes filières. D'où la nécessité d'avoir une vision globale des choses pour les futurs décideurs.

A côté des évolutions souhaitables, il y a les évolutions forcées. L'énergie qui s'est le plus développée dans le monde depuis une dizaine d'années est le charbon - moins cher et plus abondant pour les pays en voie de développement comme la Chine ou l'Inde. Avec un impact non négligeable sur les émissions de dioxyde de carbone. Des recherches sont faites actuellement sur les moyens de piéger ce dioxyde de carbone en le récupérant puis en l'enfouissant dans des structures souterraines comme celles qui ont généré les gisements de gaz naturel. C'est alors l'idée de responsabilité de l'ingénieur qui entre en jeu et demande d'être approfondie.

Penser en entreprise

2neirynck.jpgJacques Neirynck est consultant en marketing, conférencier et intervenant en marketing stratégique à Ionis-STM. Dans son dernier ouvrage, il propose de revisiter la manière de penser en entreprise.

Pourquoi la pensée en entreprise est-elle uniforme ?

Ce livre part d'un constat : l'univers des entreprises est gris et uniforme parce que tout le monde a la même posture et possède la même manière de traiter une problématique. Nous sommes extrêmement formatés, nous pensons de la même façon et nous avons tous eu les mêmes professeurs, la même formation. Il ne faut donc pas s'étonner que les entreprises réagissent toutes pareillement. C'est un très grand paradoxe, puisque l'on nous dit qu'il faut innover, créer son marché pour sortir de la crise. On nous envoie des injonctions nous poussant à être différents et en même temps, dans la vie quotidienne, on reste où tout le monde est.

Comment peut-on alors sortir de ce carcan ?

Il faut d'abord en prendre conscience. Ensuite, il faut comprendre que le marketing et la stratégie en entreprise ne sont pas des théories, ni un exercice intellectuel. Ne pas penser comme les autres n'est pas une démarche naturelle. Dans un monde incertain où rien n'est sûr, se conformer à la théorie en vigueur ou regarder le concurrent qui réussit, ça rassure. Le marketing est avant tout une force mentale que l'on doit trouver au sein de l'entreprise parce que celle-ci doit considérer qu'elle a le devoir d'écrire son histoire et non pas les autres pour elle. Le marketing et la stratégie sont un état d'esprit !

N'est-ce pas un raisonnement plus simple à appliquer au sein d'une petite structure ?

C'est à la fois plus facile et plus difficile. C'est plus difficile, car le patron d'une petite structure peut considérer que tout cela ne le concerne pas et qu'il n'a pas les moyens de s'offrir cette réflexion. Quand on regarde ces patrons, on est émerveillé par leur sens du business et leur état d'esprit : on peut être dirigeant d'une petite structure et savoir bien mieux faire que le patron ultra formé, - et ultra formaté -, d'une grande structure. J'ai plus appris de mes clients et de mes rencontres de dirigeants de petites et moyennes structures.

Comment enseigner la singularité ?

Elle ne s'enseigne pas, puisqu'elle ne repose sur aucune théorie ! C'est très désarçonnant et c'est difficile de se situer. Lorsque j'interviens en entreprise, j'explique que je n'ai aucune solution à apporter, mais que c'est eux qui vont la trouver. Mon travail consiste à donner une impulsion, trouver de nouvelles idées, proposer de nouvelles façons pour poser les questions. Les gens sont généralement très déroutés. Ce n'est pas forcément une démarche facile à suivre, mais elle est très enrichissante et motivante : il s'agit d'affirmer que notre futur nous appartient, que c'est en nous que nous devons trouver des solutions, afin d'échapper au carcan des théories à la mode ; se ressourcer en somme.

En quoi consiste le bon marketing ?

Il consisterait à être capable de penser sans frontière, de s'affranchir des dogmes et de retrouver cette force mentale que possède le créateur d'entreprise possède. Quand le créateur met en place sa structure, il est habité d'une véritable force mentale, mais cette dernière s'estompe et disparait au fur et à mesure que la société grandit. Il s'agit de la retrouver. Il est parfois plus difficile d'avoir une deuxième bonne idée, qu'une première. Le marketing, c'est aussi une profonde connaissance de soi, tant au niveau individuel et que collectif : qu'est-ce que je peux trouver au fond de moi qui serait susceptible d'intéresser mes clients et qui ne se retrouve pas chez les autres ?

Lorsque l'on raisonne pour aller vers quelque chose d'inconnu, le chemin qui conduit au succès est exactement le même que celui qui amène à l'échec. Au départ, on est en itération d'hypothèses, en induction, en recherche et cela peut conduire au succès ou à l'échec. C'est pour cela qu'il est important à un moment de savoir tester, expérimenter, prototyper. C'est une démarche extrêmement expérimentale.

« Pensez singularité ! Pour penser sans frontières » de Jacques Neirynck (Editions SideView books)

Jean-François ETIENNE, Doctorant en formation d'audience de la presse écrite

Intervenant à Ionis-STM, Jean François ETIENNE présente sa thèse sur la formation d’audience de la presse écrite.


Pouvez-vous présenter la thèse que vous avez réalisée ?

Ma thèse est intitulée « Presse et formation d’audience ». Etant professionnel, je l’ai réalisée en quatre ans, à Dauphine.
L’idée de la thèse part d’une critique de la mesure d’audience de la presse actuelle. En effet, tandis que les autres médias vont utiliser la technologie pour étudier le comportement des consommateurs, la presse écrite y a très peu recours. C’est d’autant plus sujet à caution à l’heure où la presse écrite connaît de grandes difficultés et perçoit un niveau de revenu important grâce à la publicité.
Il s’agissait donc de réfléchir dans un premier temps à un nouveau cadre conceptuel pour envisager la mesure d’audience. Ensuite, ma problématique était : comment intégrer la technologie dans les mesures d’audience de la presse écrite ?


Quelles réponses avez-vous données à travers votre travail de recherche ?

Une réponse qui a donné lieu à un brevet déposé par France Telecom et qui fait référence à Je me suis basé sur des processus de mesure audimétrique : mesure quasiment instantanée des comportements d’audience des consommateurs.
L’idée est de coupler un procédé phonique et un panel, comme ce qui se fait en télévision aujourd’hui. Lors du premier test que nous avons réalisé sur une cinquantaine d’utilisateurs,  nous avons combiné l’utilisation d’un téléphone mobile et l’apposition d’un code barre 2D sur une publication. Les exemplaires de cette publication étaient ensuite confiés à des panelistes. A chaque fois qu’un lecteur consulte un magazine, le code barre est photographié en début et en fin de prise en main, de sorte à établir la durée de la consommation. D’autre part, un questionnaire est soumis au lecteur au sujet de sa consommation, à la fois éditoriale et publicitaire. Les répondants reçoivent notamment un fichier qui répertorie l’ensemble des pages publicitaires de la publication en question et doivent dire s’ils ont vu et/ou lu la publicité au cours de leur consommation.
 

Le processus de mesure que vous avez établi est-il déjà utilisé par des organismes de presse ?

Non, pas pour l’instant. Je dirais que les éditeurs de la presse écrite ont peur de voir les chiffres d’audience calculés en baisse. La raison en est simple : l’audience est une monnaie d’échange sur le marché, et une baisse des chiffres d’audience rime avec une diminution des revenus publicitaires. A une époque où les publicitaires sont très attaqués par d’autres médias et où la concurrence intermédiaire est très rude, tout cela serait vu d’un œil assez négatif. Cela étant, mon intuition est que plutôt que de montrer une déflation d’audience, cet outil montrerait que l’audience est plutôt sous-estimée dans la presse.
Ces freins ne sont cependant pas insurmontables, et on peut imaginer que cette méthode soit introduite peu à peu sur le marché d’ici quelques années.


 

Interview d'Albéric Gourio, intervenant à Ionis STM en audit de projet

Pourriez-vous nous présenter votre activité actuelle ?

Je suis chargé de la coordination de l’informatique de filiale du groupe Bel (Apéricube etc.), qui a des filiales dans une trentaine de pays. Je m’occupe de tout ce qui est systèmes d’information, acquisition et rachat, constitution et lancement de filiales. J’ai donc une activité internationale d’audit et de pilotage, de constitution de systèmes d’information et enfin d’acquisition de filiales.

Quel est votre parcours professionnel jusqu'à ce jour ?

J’ai alterné des postes en interne dans des grandes entreprises sur les systèmes d’information, et dans des sociétés de service. Comme interne d’entreprise, j’ai notamment été DSI (directeur du système d’information) de grands groupes, et notamment pendant 5 ans dans une société américaine, le groupe General Mills branche jeu et jouets (Monopoly, Mastermind …), où j’étais le patron de l’informatique pour l’Europe.

J’ai ensuite été pendant 5 ans le directeur général de la filiale informatique du groupe Union laitière normande (ULN), dans le secteur de l’agro-alimentaire. Je me suis notamment occupé à l’époque d’Elvir (beurre, lait, crème) de l’acquisition de Meule d’or (emmental) et de Mamie Nova. J’étais DSI du groupe. 23 usines, 10 000 salariés, et 2 milliards d’euros de chiffre d’affaire.

J’ai été aussi pendant une dizaine d’années directeur de programme à Capgemini, où je m’occupais soit de pilotages de grands projets de refonte de systèmes d’information, soit d’audits de projets et d’audits d’acquisition. Notamment dans le milieu bancaire, quand une grande banque française (Crédit agricole etc.) voulait racheter une autre banque, souvent à l’étranger (Suisse, Monaco, Egypte).

Quelle est votre formation initiale ?

J’ai un diplôme d’ingénieur en informatique du Conservatoire national des Arts et Métiers (CNAM), j’ai aussi fait l’ICG (Institut de contrôle de gestion), et puis j’ai fait l’executive MBA de HEC. J’ai donc suivi une formation qui m’a permis de faire valoir auprès des entreprises aussi bien des compétences techniques que des compétences managériales. En effet, en tant que DSI, on est amené à se positionner comme associé à la stratégie d’entreprise et à la stratégie métier et donc à fournir un service qui n’a rien d’informatique, qui n’a rien de technique. C’est la différence entre une direction informatique et une direction des systèmes d’information, dans laquelle on définit une approche stratégique des outils informatiques.

Pourriez-vous nous parler de votre enseignement ici ?

Oui, avec plaisir. Il y a deux parties : d’abord une partie magistrale à propos de l’audit de la fonction Système d’information au sein d’une entreprise. Que faut-il regarder quand on s’intéresse au système d’information au sein d’une entreprise ? Il faut regarder les budgets, les hommes, l’adéquation entre la stratégie d’entreprise et l’existence ou non d’une stratégie pour les systèmes d’information, l’organisation de la fonction informatique, et notamment les projets.

Il y aussi une partie pratique avec deux études de cas où je fais en sorte qu’il y ait une interactivité avec les étudiants. Des groupes de travail sont formés sur la base 1 groupe audité – n groupes auditeurs. Les groupes auditeurs présentent leurs résultats, donnent leur point de vue sur le groupe audité, avec une phase préparation et une phase restitution.

Exemple : un audit d’acquisition où une banque française veut acquérir une banque égyptienne et diligente un audit pour évaluer la valeur de l’entreprise, qui se décline en un audit bancaire pour évaluer le réseau et le métier, et en un audit sur le système d’information. Quelles sont les questions à poser pour évaluer les systèmes d’information de l’entreprise, sa pérennité, sa valeur etc. ?

Comment caractériseriez-vous notre public ?

C’est un public curieux, ouvert, qui s’intéresse, et ce sont des profils variés, avec des étudiants provenant d’horizons différents, ce qui favorise les échanges, l’esprit d’équipe et l’esprit d’ouverture. L’audit est un métier qui les intéresse. Quand on fait de l’audit, il faut être autonome, il faut être éclectique car on touche à de nombreux aspects de l’entreprise : financier, management des hommes, technologie, interaction entre les différents domaines de l’entreprise, tout ce qui présente un risque pour les entreprises. On a donc un champ d’action très large. Ca n’est pas non plus limité en terme de secteurs d’activité, et on peut travailler aussi bien en France qu’à l’étranger.

A votre avis, un jeune a-t-il raison de se lancer dans des études qui allient compétence technologique et managériale ?

Oui. On est passé aujourd’hui dans les entreprises d’une approche technique des outils à une approche managériale. Dans une entreprise, il s’agit souvent de mettre à disposition de l’entreprise les outils de son management et donc de le comprendre, ou bien de soi-même devenir un manager.

Philippe Jacob, professeur en marketing à Ionis-STM

Philippe Jacob, consultant, 51 ans, est professeur à Ionis-STM, où il assure des cours d'initiation au marketing et en mercatique inter-entreprises.

Du théâtre à Ionis-STM

Le parcours de Philippe Jacob est très riche, et trouve son unité «dans un souci constant de perfectionnement». Après son bac, emporté par sa première passion, il commence par se lancer dans le théâtre. Il a eu comme professeur Roger Mollien, aujourd’hui pensionnaire de la Comédie Française et qui dans sa jeunesse avait été partenaire de Gérard Philipe au Théâtre National Populaire (TNP), a travaillé avec la compagnie Jacques Weber, tenu un rôle à la Comédie française, tourné dans des films de Jean Delannoy et écrit deux pièces. Mais, déçu par le milieu du spectacle, il décide à 25 ans de tourner cette page et d’entamer une carrière commerciale, ce qui l’amène à devenir directeur commercial au sein de la filiale télévision par câble de la Compagnie Générale des Eaux (CGE). Au bout de quelques années de métier, il souhaite prendre son indépendance, fonde Aditis, une société de conseil en management indépendant et décide de reprendre ses études. Il enchaîne ainsi un DESS, un DEA et une thèse en sciences de gestion. Sa spécialité concerne les marchés de service intelligent impliquant experts comptables, ingénieurs, formation continue. Depuis 7 ans, Philippe Jacob a décidé de se réconcilier avec le théâtre et enseigne. Tout en poursuivant ses activités de consultant, il est professeur associé au Conservatoire national des Arts et Métiers (Cnam) et professeur à Ionis-STM, où il a mis sur pieds un cours d’initiation au marketing.

Former à la double compétence

Pour Philippe Jacob, il est particulièrement intéressant de travailler avec des étudiants de Ionis-STM : en effet, convertir au marketing et à l’entreprise des étudiants qui le plus souvent ont reçu au préalable une formation technique et scientifique représente un challenge très motivant. Il s’agit de faire comprendre à ces « intellectuels de la technique » que le marketing est une certaine manière d’approcher l’entreprise, différente de ce qu’ils prennent souvent pour de la publicité mensongère. L’enseignant était bien placé pour comprendre que les rôles commerciaux changent l’identité commerciale de l’ingénieur. En effet, la thèse de Philippe Jacob portait sur le sujet « Rôles commerciaux et identité professionnelle dans les firmes multi-projets ». Philippe Jacob explique : « La manière dont les gens jouent des rôles commerciaux dépend de la manière dont ils vivent le projet, qu’ils gèrent et de la façon dont ils perçoivent l’organisation. Un scientifique, quand il sort de son école d’ingénieur, perçoit l’organisation de manière très rationnelle, à travers des organigrammes fonctionnels, des plans d’organisation. ». Il poursuit : « Mais une autre vision de l’organisation existe. Dans la gestion d’un projet, les frontières sont un peu floues : lorsque l’on travaille chez un client en tant que prestataire par exemple, et que l’on appartient à une société de conseil ou à une SSII, est-on à l’extérieur ou à l’intérieur de l’entreprise? De plus, l’organisation évolue permanence, et votre regard sur elle change aussi. Comment appréhender le changement ? » Et Philippe Jacob de conclure : « Mon rôle est de former ce public d’ingénieurs, d’êtres rationnels… au désordre. »

Préparer les étudiants à une aventure humaine

Philippe Jacob oriente sa méthode d'enseignement en fonction de ce diagnostic. A partir d’une trame théorique, il illustre ses enseignements d’exemples concrets en prise directe sur ce qu'il voit dans les entreprises et sur l’actualité. « J'ai l’habitude d’avertir les étudiants ainsi : ‘ce que je dis est parfaitement exact, même si cela vous semble étrange ou décalé’ », confie-t-il, montrant par là que l’entreprise est avant tout une aventure humaine au sein de laquelle le manager doit conserver son libre-arbitre pour trouver l’énergie de progresser. Il poursuit: « Le malaise des managers que l’on voit aujourd’hui comme un phénomène de société provient souvent d’un manque de distance vis-à-vis de leur cadre social, qui peut les conduire à la perte du sens de l’action, voire au burn-out. L’enseignement doit les préparer à la performance par la maîtrise de leur métier et la capacité à décider, donc à relativiser. »

Le marketing : une science innovante, de plus en plus proche des réalités humaines

Selon Philippe Jacob, le marketing est une science jeune que l’on pourrait évoquer comme « une démarche de curiosité qui conduit à la décision. La démarche marketing est de plus en plus proche de la réalité humaine. L’ethno-marketing se développe. Les réseaux sociaux et Internet nous ouvrent de nouvelles possibilités d’accès à l’information et aux marchés. Le marketing se diversifie. En même temps, les normes de qualité ISO 9001 demandent de mettre le client au cœur du système qualité de l’entreprise » Selon lui, « c’est le signe de la réconciliation entre Production et marketing dans une démarche commune d’innovation. »

Interview de Othmane Ouadghiri, intervenant sur « l'Informatique décisionnelle »

Pourriez-vous nous présenter votre activité actuelle (le nom de votre entreprise, son secteur d’activité et votre fonction) ?

Aujourd’hui, je suis responsable du développement de ma structure qui s’appelle Efficiencis, cabinet de conseil en système d’information. Le responsable du développement est à la fois commercial et opérationnel : je dois m’occuper des actions commerciales, répondre aux appels d’offre, rencontrer les clients, faire des présentations etc., mais j’interviens également en clientèle à hauteur de 70%. En ce moment même, je suis sur deux projets : chez Orange pour la mise en place du pilotage de la qualité de service dans le cadre de la relation client-fournisseur, à savoir entre les MVNO (Mobile Virtual Network Operators), comme Virgin, Carrefour, NRJ etc, et l’opérateur qui est le fournisseur réseau GSM. Dans le cadre de cette mission, je manage une équipe et participe aussi à l’industrialisation de l’activité, c’est-à-dire la mise en place des processus métiers, la détection des leviers d’action pour améliorer l’activité, le suivi des KPI (Key Performance Indicators), des indicateurs pour améliorer la qualité de service fourni. Ma deuxième mission concerne Sofrecom, filiale du groupe France Telecom, pour laquelle je m’occupe du suivi de la performance des applications, en mettant en place les indicateurs qui permettront de superviser un certain nombre d’applications, détecter un certain nombre de dysfonctionnements, et proposer des axes d’amélioration et les suivre en terme de mise en place.

Quel est votre parcours professionnel jusqu'à ce jour ?

Détenteur d’un troisième cycle en système d’information à l’IAE de Paris, un master en management d’entreprise à la Sorbonne et un master logistique des systèmes au CNAM et à l’Ecole Centrale de Paris, j’ai commencé à travailler en 1988 dans les systèmes d’information, pour plusieurs grands comptes : RATP, EDF, HSBC, Etrali International, Les bateaux parisiens, Orange, France Telecom, France Telecom Terminaux, SPIE, Groupama etc. Mes missions au début étaient celles de chef de projets, architecte SI décisionnel, de directeur de projets. En 2000, j’ai décidé de démissionner, alors que j’étais cadre supérieur à la Poste, pour créer ma propre entreprise, Efficiencis.

Comment percevez-vous l’évolution des projets de mise en place d’outils décisionnels ?

C’est un domaine qui est en expansion accélérée, parce que les petites entreprises comme les grandes entreprises ont très bien compris que la performance sans indicateurs est une mission impossible : or on veut justement aujourd’hui chercher à aller plus vite, produire de la qualité, tout en minimisant les coûts, ce qui n’est pas possible sans indicateurs. D’où la mise en place de systèmes d’information décisionnels à la fois stratégiques et opérationnels (pour assurer une cohérence entre les décisions stratégiques et leur application au niveau opérationnel. Par souci de réactivité, les managers ont à présent besoin d’indicateurs quotidiens, fiables, complets et quasi temps réel.

Pourriez-vous nous parler de votre enseignement ici ?

Mon enseignement a évolué. Au début, il était orienté stratégie avec beaucoup de théorie. Aujourd’hui, je suis passé à un mode à la fois théorique et pragmatique. Cela est important pour que les étudiants puissent assimiler la théorie tout en maîtrisant le côté opérationnel, qualités qui manquent souvent en entreprise chez les jeunes diplômés. Je fais en sorte que les étudiants de Ionis STM aient un pas d’avance sur le marché pour partir le mieux armés possible à sa conquête.

De quelle manière sensibilisez-vous les étudiants aux problèmes et enjeux que vous rencontrez vous-même dans le cadre de votre activité professionnelle ?

Ma démarche est d’être théorique sans être rébarbatif, et d’argumenter par des exemples concrets de projets vécus en entreprises, ce qui permet de rendre les choses palpables, je pousse aussi les étudiants à participer sous forme de feed-back et de questions-réponses afin qu’il y est une vraie interactivité au sein de mes cours et bonne assimilation.

Interview de René Palacin, intervenant en Management de Projet

Quel a été votre parcours professionnel jusqu'à ce jour ?

Je suis ingénieur de l’Ecole Internationale des Sciences du Traitement de l'Information (EISTI) et du centre des hautes études de la construction (CHEC). J’ai passé 6 ans dans une entreprise de construction métallique en tant qu’ingénieur d’affaires. J’ai travaillé chez Eiffel, puis chez Total, où j’étais membre de l’équipe de projet en Grande-Bretagne, en Argentine, en Norvège et au Moyen-Orient.

Pourriez-vous nous parler plus en détail des spécificités de votre activité chez Total ?

Chez Total, j’ai été chargé du développement et du management de projets, chargé de contrats, ainsi que directeur de projets, sur des projets de quelques millions d’euros. Par exemple, j’ai travaillé sur un projet de construction d’une Centrale électrique de 1300 Mégawatt à Abu-Dhabi entre 2001 et 2004. Les difficultés concernaient surtout la problématique de l’alignement des partenaires, le fait de travailler dans un consortium. Le financement de projets de cette nature s’organise selon une toile d’araignée de relations complexes.

Pourriez-vous nous parler de votre enseignement ici ?

Mon enseignement à Ionis STM concerne le management de projets. Il ne s’agit pas seulement de transmettre une méthodologie applicative, mais aussi de faire comprendre aux étudiants la complexité de l’environnement dans lequel se situe un projet, dans une perspective de pratique professionnelle. Sont abordées des questions aussi diverses que la différence entre maître d’œuvre et maître d’ouvrage, la construction et la gestion des plannings, la définition d’objectifs ambitieux mais réalistes, la différence entre regard du client et regard du prestataire, ou encore les divers aspects de communication.

Quels sont les points de gestion de projets qui peuvent être considérés comme génériques et ceux plus spécifiques à l’industrie pétrolière (ou du gaz) ?

Au niveau du management de projet, il n’y a pas de différence ou de singularité particulière, si ce n’est que l’industrie pétrolière et l’énergie d’une manière générale sont plutôt en avance sur le management de projet par rapport à d’autres types d’activité. En effet, les montants en jeu sont énormes : les budgets se chiffrent souvent en milliards de dollars ou d’euros. Chez Total, actuellement par exemple, certains avoisinent les 40 milliards d’euros. A côté de l’importance des montants, C’est la notion de limite technologique qui caractérise ces projets : chaque projet est quelque chose de nouveau et inclut un fort degré d’innovation. La notion d’incertitude et de risque est aussi quelque chose d’important. On fait toujours des projets qui concernent des installations, mais celles-ci sont basées sur une connaissance partielle de ce qui se trouve dans le sous-sol, autant en quantité qu’en comportement : l’exemple de BP actuellement dans le golfe du Mexique l’illustre assez bien. L’autre particularité dans le domaine de l’énergie est que les clients et les maîtres d’ouvrage travaillent en général en consortium.

Quels sont les acteurs impliqués dans un projet énergétique d’une telle envergure ?

Des grands acteurs de l’énergie : des grandes compagnies pétrolières comme Total, ou des grandes compagnies comme EDF, Suez etc., qui vont ensuite s’appuyer sur des grandes sociétés d’ingénierie, comme Technip en France, et qui vont ensuite faire appel à des entrepreneurs dotés de moyens spéciaux (possédant des engins particuliers) représentés seulement par quelques société internationales comme Affair’s. Après, il y a un tas de consultants divers et variés qui font études particulières ou qui proposent des assistances spécifiques.

Comment voyez-vous l’évolution du secteur énergétique ?

Le secteur de l’énergie en général est un secteur qui va subir une forte progression et une grande transformation. Une forte progression parce que la population mondiale devient de plus en plus riche et a de plus en plus besoin de confort, pour rattraper ou se calquer sur les modes de vie occidentaux, ce qui représente une demande d’énergie considérable dans les pays émergents. Il faut développer cette énergie par des moyens conventionnels, comme le pétrole et le gaz, mais aussi par des nouveaux moyens comme les énergies renouvelables, le nucléaire etc. Il y a donc deux transformations : une quantité d’énergie supplémentaire considérable à produire, et une importante diversification des sources d’énergie. Corrélativement, il y a un troisième sujet : celui de la capture du CO2, puisque, sans aucun doute, la nécessité de satisfaire les volumes entraînera malgré tout nécessairement un appel aux énergies fossiles. Après le pétrole et le gaz, il y aura le charbon, et il y a énormément de charbon dans le monde. Ce charbon sera brûlé pour faire de l’électricité. Le problème n’est pas tant celui de la génération du CO2 que celui de savoir ce que l’on fait du CO2, comment on le récupère dans l’atmosphère. Aujourd’hui, il y a des projets pilotes, mais on n’est pas passé encore véritablement à une échelle industrielle.

Patrick Szychter, Intervenant en gestion de projets

SZYCHTER Patrick.bmpDirecteur associé d'AGILEO Consulting

Intervenant en gestion de projets
 

Pourriez-vous nous présenter votre activité actuelle ?

Je suis co-fondateur d’un cabinet de conseil et de formation, ‘‘AGILEO Consulting’’ spécialisé en accompagnement du changement auprès des MOA et des MOE.
Experts en management du changement, nos équipes interviennent sur des projets de réorganisation et de refonte du système d'information. Nous accompagnons les acteurs de l'entreprise qui sont concernés par ces projets dans un contexte d'impacts humains importants.
 

Quel est votre parcours professionnel jusqu'à ce jour?

J’ai commencé par exercer des missions de conseil en tant que consultant, puis de manager, au sein de grands cabinets de conseil ou de SSII (Arthur Andersen informatique, GSI, KMPG Peat Marwick, CSC, BearingPoint, Capgemini...).
Ainsi, j’ai pu développer une expertise en matière d'accompagnement de grands projets de transformation notamment dans les systèmes d'information et les télécoms qu'il s'agisse d'implémenter un programme de CRM à  l'international ou de refondre des processus de gestion.
Depuis 2005, on m’a confié des missions de Directeur de programme ou de Directeur de projet au sein de grands comptes (ANPE, Orange, SNCF, BNPP).
Et enfin, j’ai décidé de travailler à mon compte et j’ai monté ma propre structure il y a  bientôt un an.

 

Pourriez-vous nous parler de votre enseignement à Ionis-STM ?

J’assure 3 cours aux étudiants de dernière année : mise en place ERP, gestion de projets avancée et la relation entre la maîtrise d’ouvrage et la maitrise d’œuvre. Pour 2010, je vais mettre en place et coordonner un projet transversal à réaliser par les étudiants de management des systèmes d’information sur une durée de 4 mois. Une sorte de Serious Project Game !
 

De quelle manière sensibilisez-vous les étudiants aux problèmes et enjeux que vous rencontrez vous-même dans le cadre de votre activité professionnelle ?

Je leur fais vivre la vie d’entreprise avec ses différentes facettes (mise en place ERP, gestion de projet, relations humaines plus ou moins conflictuelles voire politiquement incorrect, management plus ou moins cool …) pour arriver à résoudre les éventuels problèmes qu’on rencontre pour mener avec succès un projet.
Je leur fait traiter des études de cas, lors de projets par exemple, pour qu’ils soient interactifs et comprennent les différentes situations auxquels ils vont être confrontés.

 

Comment caractériseriez-vous les étudiants de IONIS STM ?

Ils acquièrent des pratiques opérationnelles qui se traduisent par une maturité qui est largement reconnue. Ils sont très pragmatiques et ont aussi une soif d’apprendre (ce qui est très agréable pour un prof).
Ils présentent un large spectre de connaissances, qui leur ouvrent potentiellement à des carrières très diversifiées.

 

A votre avis, un jeune a-t-il raison de se lancer dans des études qui allient compétence technologique et managériale ?

Aujourd’hui la compétence managériale manque sur le marché de travail, les entreprises ont de plus en plus besoin de cette compétence. Cela explique en grande partie le nombre de projets critiques qui échouent en entreprise.
La formation managériale donnée aux étudiants de Ionis-STM les positionne de manière plus favorable et multiplie leurs chances de bien s’intégrer dans la vie professionnelle.  

 

Jean Philippe DEVILLARD, Intervenant sur la conduite du changement

PAGE 5 photo Jean Philippe DEVILLARD.jpgDirecteur technique société Métaphora 

Intervenant au sein de Ionis-STM
 

Pourriez-vous nous présenter votre activité actuelle (le nom de votre entreprise, son secteur d’activité et votre fonction)?

Je fais partie du groupe Business&Décision, SSII de 3000 personnes, implantée à l’international et présente dans 19 pays. Trois domaines d’activité sont représentés : le décisionnel, le CRM, le ebusiness. J’ai en charge la direction technique de l’agence Métaphora, spécialiste du « Change management » et transverse à toutes les activités du groupe.
 

Quel est votre parcours professionnel jusqu'à ce jour?

Cela fait 15 ans que j’évolue dans le service informatique en ayant suivi un cursus croissant de responsabilité : consultant, chef de projet, responsable régional puis directeur national. Un parcours somme toute banal, mais toujours guidé par l’envie de partager, d’échanger avec les autres et de ne pas hésiter à se remettre en question.
 

Pourriez-vous nous parler de votre enseignement à Ionis-STM?

Depuis plusieurs années maintenant, je transfère aux étudiants une partie de mon expertise à travers un cours sur la conduite du changement. Un cours qui amène certes à donner des techniques et méthodes opérationnelles de travail mais qui montre surtout qu’au-delà des technologies et des systèmes d’informations, il y a des hommes. Des hommes qu’il faut écouter, comprendre et savoir faire évoluer en même temps que le système pour aller vers le succès.
 

Sur quels points votre cours est-il important pour de futurs cadres ?

Toutes les enquêtes liées aux conditions de travail mais également l’actualité récente montrent la nécessite et paradoxalement la difficulté pour l’entreprise deà sortir d’une approche où l’on considère l’homme comme une ressource quasi mécanique sans véritable limite de productivité. La prise de conscience a commencé : les cabinets de change management fleurissent, les formations dédiées au changement existent depuis moins de 10 ans, les appels d’offre intègrent désormais quasi systématiquement ce volet de change management. Des évolutions qui montrent, qu’aujourd’hui, cette dimension de changement doit faire partie de la palette des compétences.
 

De quelle manière sensibilisez-vous les étudiants aux problèmes et enjeux que vous rencontrez vous-même dans le cadre de votre activité professionnelle ?

La quasi-totalité de mon cours est articulée autour d’exemples de projets auxquels j’ai été confronté. Ceux-ci ont pour intérêt de montrer la réalité du terrain, de leur permettre non pas de devenir en quelques semaines des spécialistes mais plutôt de leur donner de la perspective sur leur manière d’appréhender le monde de l’entreprise et ses mécanismes, de leur faire comprendre que  l’entreprise est un monde socio organisationnel complexe qu’il est nécessaire de décoder pour s’imposer.


Comment caractériseriez-vous les étudiants de Ionis-STM ?        

Diversifiés…dans leur origine scolaire, culturelle, professionnelle. J’ai la chance de pouvoir m’adresser tant au public des post master qu’aux M2, ce qui permet de confronter les points de vue à travers la mise en perspective des expériences de chacun. Pourtant un point reste commun à toutes les promotions : l’écart de perception que mesurent les étudiants entre le 1er cours et leur conception initiale du changement et le dernier cours leur ayant permis de comprendre la réalité du terrain.
 

A votre avis, un jeune a-t-il raison de se lancer dans des études qui allient compétence technologique et managériale ?

Aujourd'hui, il n'est plus suffisant de posséder seulement l'une ou l'autre de ces compétences. L’époque où l’on devenait manager de par sa seule expertise technique est quasi révolue. L’entreprise va vite, très vite. Elle doit se doter de collaborateurs aux multiples compétences, opérationnels sur l’ensemble de leurs capacités et ce très rapidement. La double compétence va en ce sens.


 

Pour en savoir plus sur la société Metaphora : www.metaphora.com

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Sylvain Martin, avocat spécialiste du droit de l'électricité

test.JPGInterview d'un intervenant en droit à Ionis-STM

Sylvain Martin est avocat, spécialiste du droit de l'énergie, et auteur de l'ouvrage "Le droit et l'électricité".

Pourriez-vous nous présenter votre activité actuelle ?

Je suis un homme de droit, avocat en droit des affaires. J’ai travaillé au cabinet Alain Bensoussan-avocats, et je suis aujourd’hui avocat indépendant. J’exerce une activité de conseil qui permet d’orienter mes clients.

Je me suis spécialisé dans le droit de l’énergie. J’ai été amené par exemple à rédiger des contrats entre RTE (Réseau de transport de l’électricité) et des gros acheteurs de l’électricité.

Le droit de l’énergie est un droit complexe. La réglementation de l’électricité concerne aussi bien les collectivités locales, qui s’y sont intéressées très tôt, l’Etat, pour lequel l’électricité est un enjeu majeur, et enfin l’Europe, favorable à la déréglementation et à la concurrence.

Comment décririez-vous l’actualité du secteur de l’électricité ?

Il y a aujourd’hui un grand débat sur le retour ou non au tarif réglementé après la déréglementation à la fin des années 1990. Les juristes européens souhaitent une déréglementation tandis que les parlementaires français souhaitent protéger les consommateurs contre la fluctuation des prix tout en conservant l’avantage des revenus tirés de l’énergie.

D’autre part, nous sommes dans une période où l’énergie se raréfie, ce qui implique une réflexion sur les énergies renouvelables. Mais l'Etat reste malgré tout attaché aux énergies traditionnelles.

Vous avez publié en 2001 un ouvrage intitulé « L’électricité et le droit », quel était votre projet en rédigeant ce livre ?

J’ai écrit ce livre pendant la déréglementation. L’objectif du livre était de poser une première pierre pour dire: « ça démarre, qu’est-ce que dit le droit ? Où en est-on dans la déréglementation de l’électricité et comment se positionne ce nouveau droit ? Enfin, y a t-il une influence des lois physiques de l’électricité sur la déréglementation du juridique ? »

Quels étaient à l’époque les grands acteurs du secteur ?

EDF ou la Compagnie nationale du Rhône (CNR) en tant que producteur, RTE en tant que transporteur, les collectivités locales en tant que gestionnaires du réseau de distribution.

Au niveau du gaz, les acteurs étaient Total, Suez, ainsi que les banques, avec les bourses d’échange d’énergie. J’ai moi-même participé au groupe de travail juridique qui a validé la création de Powernext. Avec l’ouverture du marché, une entreprise comme Poweo est devenue aujourd’hui un acteur important du secteur. Il y a aussi des acteurs qui émergent comme récemment la Compagnie nationale du Rhône (CNR).

En quoi l’enseignement délivré à Ionis STM permet-il à ses étudiants d’intégrer avantageusement le secteur de l’énergie ?

L’enseignement leur permet de comprendre la multiplicité des acteurs du secteur de l’énergie et la complexité des rapports qu’ils entretiennent : acteurs de l’énergie, de l’industrie, de la finance. A partir de là, les étudiants pourront choisir leur orientation. L’industriel veut acheter son énergie le moins cher possible, le producteur d’énergie va essayer de vendre une énergie à un prix intéressant pour l’acteur industriel, et tout ceci dépend d’un cours de l’énergie sur le marché déréglementé qui va se fixer sur les marchés financiers.

 

Sylvain Martin - L'électricité et le droit.jpg

Conseil de perfectionnement

2010 s'est ouverte sur le rendez-vous du conseil de perfectionnement de Ionis-STM. Les membres de ce conseil , professionnels de haut niveau (directions) de grandes industries (pharmaceutique, informatique, énergie, …) se sont réunis pour débattre du thème de la double compétence.

Les deux ateliers de travail menés sous forme de team building ont traité de :

  • quelles sont les compétences attendues dans un environnement technologique pour occuper un poste à fortes responsabilités ?
  • Quelles sont les évolutions des métiers de votre environnement technologique ?

Le prochain rendez-vous aura lieu dans 6 mois et abordera l’adéquation du programme de Ionis-STM avec les éléments phares dégagés de ces ateliers et l’implémentation d’évolutions à mener.

 

A propos de Ionis-STM :

Créée il y a 10 ans sous le nom de "Masters Epita", Ionis School of Technology and Management est une école qui forme des experts à double compétence grâce à une offre de formation intégrée sur le plan technique et managérial. Elle est destinée aux étudiants issus de Bac+2, Bac+3, Bac+4 et Bac+5 souhaitant poursuivre ou compléter leur formation initiale et obtenir les compétences professionnelles et métiers indispensables pour intégrer le marché du travail à un niveau de cadre.

La double compétence est aujourd’hui encore plus nécessaire dans les secteurs nouveaux et en expansion, c'est pourquoi Ionis-STM a choisi d'intervenir dans les technologies de l'information, le management informatique, les biotechnologies et les énergies. Ionis-STM est membre de IONIS Education Group, leader de l’enseignement supérieur privé en France, et fait appel aux intervenants et professionnels les plus pointus grâce aux écoles du groupe et aux entreprises partenaires : l'ISG pour le management, l'EPITA et l'Epitech pour les nouvelles technologies, Sup’Biotech pour les biotechnologies et l'ESME Sudria pour les énergies. Toutes écoles de très haut niveau, écoles de management, d'ingénieurs ou d'expertise.